Du 25 au 27 août 2017​, à Paris​, le Parlement Européen des Jeunes (PEJ) organise sa 10ème Université d’été. A cette occasion, Zelda Martin, déléguée générale du PEJ-France, et Noé Petiot, animateur national du réseau, ont répondu à quelques questions. 

Zelda Martin et Noé Petiot.

Pouvez-vous me présenter le PEJ en quelques mots et les raisons pour lesquelles vous vous êtes engagés ? 

Noé et Zelda : Le PEJ est une association d’éducation populaire adressée et portée par des jeunes de 16 à 25 ans. Elle est non partisane et ne défend aucune vision particulière de l’Union européenne. Depuis 1994, son objectif est de faire se rencontrer et dialoguer les jeunes Européens entre eux, via des événements ouverts à tous et grâce aux méthodes informelles d’éducation populaire.

Noé : J’ai rejoint l’association pour son côté non-partisan et ses méthodes. Voir les résultats sur les participants m’a donné envie de continuer. Par la suite, j’ai pu développer énormément de compétences que je n’aurais pas pu acquérir ailleurs : organisation, recherche budgétaire, animation, formation…

Zelda : Il est difficile de parler d’Europe en France aujourd’hui, ou bien ce sont toujours les mêmes choses qui reviennent. J’ai été séduite par la plateforme de débats et d’échanges offerte par le PEJ. Tout comme Noé, je suis restée car mon travail au sein de l’association a du sens, en permettant à tous les jeunes, et en particulier ceux qui se sentent éloignés des questions politiques, d’avoir leur mot à dire sur des sujets d’actualité d’une part, et de découvrir la diversité de la culture européenne de l’autre.

Quelles actions mettez-vous en œuvre pour mieux faire connaître l’Europe aux jeunes? 

N et Z : Les simulations parlementaires sont au cœur des activités de l’association. Les jeunes intègrent une commission sur une problématique d’actualité précise et doivent arriver à une solution collective, mais sans passer par le vote. En devant obligatoirement recourir au consensus, les jeunes s’initient au fonctionnement démocratique en apprenant à rester ouvert aux idées des autres afin d’arriver à des propositions communes.

En parallèle, depuis quelques années, le PEJ-France a développé trois nouvelles activités :

– « Understanding Europe » : séance d’une demi-journée sur l’historique et le fonctionnement de l’Union européenne.

– « Forg’Europe » : ateliers mensuels dédiés aux jeunes éloignés des questions européennes, leur permettant de s’intéresser, comprendre et débattre sur des thématiques d’actualité, mais aussi de développer des compétences (prise de parole, travail d’équipe, organisation…).

– « JADE » : travail pendant un an sur des thématiques d’actualités. Tous les mois, des commissions de réflexion composées d’étudiants et jeunes professionnels se réunissent et échangent avec des experts dans le but d’apporter des solutions et/ou de créer un projet.

Pourquoi organiser une université d’été et quels seront les temps forts de cette édition? 

N et Z : L’Université d’été, qui a lieu à l’occasion de l’Assemblée générale, permet aux membres de tous se retrouver et d’échanger sur des thématiques et sur les pistes d’évolution de l’association pendant 3 jours. Cette année, trois temps forts marqueront cette édition :

– la restitution JADE : les propositions des commissions thématiques seront discutées lors de tables rondes rassemblant des experts. Elles sont ouvertes au public ;

– la célébration des 30 ans : le PEJ est né en 1987 en France. Le réseau PEJ, présent aujourd’hui dans 40 pays, soufflera donc ses 30 bougies ;

– le lancement de l’association des Alumni : les anciens membres de l’association se retrouveront au sein de leur propre association, qui aura notamment pour but de conseiller et évaluer les activités du PEJ-France.

Pourquoi les jeunes doivent-ils selon vous croire en l’Europe aujourd’hui? 

N et Z : L’association étant non-partisane, elle ne cherche pas à promouvoir l’Europe mais entend pousser les jeunes à s’intéresser et à se saisir des enjeux d’actualité et à exprimer leur positionnement vis à vis de l’Europe. La force de l’association réside justement dans la diversité de ses visions de l’Europe, sans chercher à en défendre une particulièrement.

Pourquoi avez-vous choisi le thème de la citoyenneté pour l’édition 2017? Cette citoyenneté doit-elle être, selon vous, développé chez les jeunes? 

N et Z : 2017 étant une année d’élections, il nous a paru évident de souligner qu’au delà du vote, il existe une réelle diversité des engagements citoyens. Chaque jeune a le choix d’une multitude de manières différentes de s’engager pour la société, à l’échelle qu’il souhaite et en fonction de ses affinités. La défense de l’idée d’une citoyenneté active est une des valeurs fondatrices de l’association. Contrairement aux idées reçues, nous pensons que les jeunes ne sont pas le futur mais ont au contraire une voix à part entière dans le débat public et politique actuel.

Vous sentez vous européens et pourquoi? 

Z : Je suis européenne parce que je suis née sur le continent européen, mais avant tout je suis une femme, avec des choix de vie, des affinités, des valeurs… Je peux retrouver ces traits de personnalité chez une Roumaine, une Danoise… mais aussi chez une Nigériane ou une Chilienne. Pour moi, ce qui compte le plus ce n’est pas d’où on vient ni même où on va, mais la manière dont on veut s’y rendre. En revanche, le PEJ m’a aussi appris qu’il n’existe pas une seule voie, une seule manière de voir les choses, aussi je suis très heureuse que l’UE représente l’idée de diversité des opinions et des cultures.

N : Je ne me sens pas européen. D’expérience, je me suis parfois senti plus proche de jeunes venus d’Afrique en raison de la langue, que d’autres Européens. Pour moi, la force de l’Europe est qu’il n’y a pas une identité européenne commune et que nous soyons capables de vivre ensemble avec la pluralité de nos cultures, langues et histoires.